Vous me voyez souvent dire sur le site ou sur Twitter (https://twitter.com/#!/SCConfidentiel) que les valorisations de certaines sociétés sont bradées… Je vous cite souvent des PER de 5 à 6 ou des VE/ROC de l’ordre de 5. Dans un monde boursier classique, il faudrait se jeter sur ce genre de titres… ils seraient surachetés, s’envoleraient très vite. Sauf que là, ils ne progressent pas et semblent rester au bord du chemin. La faute à des gérants qui, obligés de faire de la performance, préfèrent rester sur des valeurs qu’ils connaissent bien et sur lesquelles le business model est connu, rodé et bien établi. Car la période actuelle a ceci de particulier qu’elle ne laisse pas la moindre place au doute sur les perspectives bénéficiaires ou encore sur l’endettement…
Je vous parlais justement récemment des CYBERGUN (FR0004031839), GROUPE PARTOUCHE (FR0000053548) ou encore des SOITEC (FR0004025062) qui se sont effondrées tout simplement parce qu’il y avait des doutes sur la viabilité de leurs modèles et que les perspectives étaient plus que moroses. Dans ces cas précis, on ne regarde plus les valorisations mais la capacité à créer de la valeur. Et, sur les trois dossiers cités plus haut, on ne peut pas dire que l’horizon soit dégagé. Donc c’est logique : en temps brumeux, on ne se dirige que vers ce que l’on voit clairement et ce qui est dégagé.
A contrario, voici quelques exemples de sociétés qui séduisent les marchés malgré des valorisations élevées. Prenons par exemple EUROFINS SCIENTIFIC (FR0000038259)… Voilà une grosse mid cap dont les performances font frémir. L’action est quasiment à son plus-haut historique, en progression de 76,3% depuis le 1er janvier et de 164,5% sur trois ans ! Il faut dire que le spécialiste de la bioanalyse évolue sur un marché extrêmement porteur : celui de la sécurité alimentaire (mais aussi de la cosmétique). Le groupe a multiplié les acquisitions ces dernières années au point d’avoir renforcer significativement ses positions dans les pays émergents. Mais est-ce raisonnable de payer un tel groupe sur des ratios qui peuvent faire peur? EUROFINS se paye en effet sur un PER supérieur à 20 aux cours actuels, soit deux fois la moyenne du marché ! Sauf qu’encore une fois, les perspectives sont claires, l’activité porteuse et la croissance lancée…
Prenons un autre cas de figure avec une société plus connue… C’est REMY COINTREAU (FR0000130395), le spécialiste du cognac et autres spiritueux. L’action a gagné 33% depuis le début de l’année et 226,8% en trois ans. Une évolution due à de très bons résultats avec, par exemple, une marge opérationnelle supérieure à 20% sur l’exercice 2011-2012 avec même une rentabilité dans le cognac proche de 30% et une présence en Asie qui représente 38% de son chiffre d’affaires. Mais surtout, le groupe a un positionnement prix qui lui permet d’augmenter ses tarifs, quelque soit la conjoncture. Je vais vous raconter une anecdote…
J’étais ce week-end à Lille… Ce n’est pas la Côte d’Azur ou la Sardaigne. Eh bien, dans le restaurant où je dînais, j’ai longuement discuté avec le patron qui m’avouait que ses clients n’hésitaient pas à payer, en guise de digestif, 12 euros les 4 cl de cognac… 12 euros, vous avez bien lu ! Et je n’étais pas dans un cinq étoiles parisien ou à l’Hôtel de Paris à Monaco mais bien dans le nord de la France. Alors imaginez ce que sont capables parfois de payer les asiatiques qui adorent découvrir ces nouveaux alcools !
Les gérants ont une véritable visibilité sur le business model de REMY COINTREAU… Ils ne sont pas déçus. Mais là encore est-ce raisonnable de payer la société sur un PER de 33 ou encore sur une VE/ROC de 21 ? Je sais, on est dans le domaine du luxe culinaire, mais quand même. Parlez actuellement de GEMALTO, de REMY COINTREAU ou encore d’EUROFINS SCIENTIFIC, et vous faîtes rêver. Parlez de FAURECIA, de PLASTIC OMNIUM ou encore de NEXANS ou TF1… Et l’on vous rit au nez en vous indiquant que les dossiers sont trop dangereux… alors que leurs ratios sont ridicules. Mais attention, s’il y a une vraie reprise des marchés (pas 2% en deux séances, mais une vraie reprise), ce seront ces derniers dossiers qui progresseront le plus… Je suis prêt à vous le signer des deux mains. A vous de réfléchir maintenant à la façon dont vous appréhendez le futur boursier… à long terme.
Pendant des décennies, l’Afrique a été “à la traîne” du développement mondial. Mais depuis 2008, ce continent enregistre plus de 5% de croissance moyenne annuelle…
… et notre analyse nous indique que ce n’est que le début :
L’Afrique, la nouvelle Chine ?



4cl de cognac pour le prix d’une bouteille de genièvre ou presque!
Autrement-dit gérer son portefeuille façon valeur (acheter des titres décotés en pariant sur une remontée du cours de bourse) ou croissance (acheter des sociétés dont les résultats augmentent régulièrement).