La semaine a encore été bien mauvaise pour les actions françaises. Le rouge l’emporte. Ainsi, le CAC 40 accuse un recul de 3,2%, tandis que l’indice CAC Small & Mid et l’indice CAC Small affichent des baisses respectives de 3,36% et 3%.
Contrairement aux semaines précédentes – où tout était centré sur la crise grecque –, les raisons expliquant la baisse actuelle sont multiples et poussent le CAC 40 vers des niveaux dangereux. En effet, il suffirait que l’indice parisien passe sous les 2 880 points pour que l’on ait des chances d’assister à un bis repetita du mois de septembre dernier – avec un CAC sous les 2 700 points, voire vers les 2 470 points.
Mais, pour l’heure, rassurez-vous, nous n’en sommes pas encore là. Il me semble toutefois judicieux de regarder d’un peu plus près les menaces qui pèsent actuellement sur nos places boursières.
• L’Europe toujours au plus mal
Primo, la Grèce. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Sachez simplement qu’une victoire de l’extrême gauche remettrait à la fois en question la politique d’austérité mise en place et le maintien du pays dans la zone euro. Comme je ne le cesse de vous le répéter, ce serait une folie car la Grèce se trouverait avec une drachme dévaluée de 50%, une poussée inflationniste gigantesque et des faillites en cascades !
Secundo, les problèmes des banques espagnoles. Bankia, notamment, l’une des principales banques du pays, a demandé une aide de 19 milliards d’euros, ce qui porte son sauvetage à 23,5 milliards d’euros. La Bourse de Madrid est tombée à un plus-bas de près de 10 ans et l’écart entre les bund allemand et les obligations espagnoles a atteint 540 points de base – ce qui est gigantesque. L’Espagne pourra-t-elle se passer de l’aide extérieure pour faire face à ses engagements financiers ? Rien n’est moins sûr désormais… La question agite les investisseurs et rend la situation européenne anxiogène à l’heure où l’Europe politique est divisée comme jamais.
Finalement, la seule bonne nouvelle que l’on note est de voir l’euro baisser de 7% depuis le début du mois, provoquant ainsi une meilleure compétitivité du Vieux Continent. Maigre consolation qui demeure tout de même un ballon d’oxygène pour l’Espagne ou encore l’Italie.
• Les émergents à la peine
Tertio,les pays émergents commencent à souffrir d’un certain ralentissement économique. Le ralentissement chinois avait suscité bien des espoirs en début de semaine puisque certains espéraient l’adoption d’un vaste plan de relance chinois. Or ce plan de relance n’a pas encore été confirmé.
En Amérique du Sud, la banque centrale du Brésil a abaissé son principal taux directeur pour la septième fois consécutive, le ramenant à un niveau de 8,5% afin de soutenir une reprise économique toujours fragile. L’économie brésilienne n’a progressé que de 0,2% au premier trimestre, ce qui veut dire que la croissance sera comprise entre 2 et 3% cette année. C’est peu pour un pays émergent… mais il subit de plein fouet la crise européenne (débouché important pour le pays) et le ralentissement chinois (premier partenaire commercial du Brésil).
N’oublions pas également l’Inde qui subit une nette décélération avec une croissance de 6,5% sur l’exercice 2011-2012, en net recul par rapport aux 8,4% de l’exercice précédent.
Je continue ?
• Des statistiques US peu convaincantes
Quarto, des chiffres américains sont en demi-teinte. Le taux de chômage est remonté à 8,2% en mai avec la création de seulement 69 00 postes supplémentaires (contre 150 000 espérés !) et n’oublions pas la nette révision du mois d’avril avec 77 000 créations d’emplois. En plus, la croissance américaine ressort sous les 2% en rythme annualisé…
Vous le voyez, il y a suffisamment de problèmes actuellement, pour que je vous recommande la plus grande prudence. ET notamment sur les small caps, même si ce n’est pas encore le sauve-qui-peut généralisé. J’ai eu l’occasion de déjeuner avec un gérant small caps la semaine dernière. Ce qu’il m’a dit ne m’a pas franchement rassuré quant à l’état d’esprit des institutionnels : lui n’investit plus sur de nouvelles lignes mais se concentre sur ses participations existantes afin de tenter de moyenner à la baisse. Donc pas de panique vendeuse, mais un arrêt des achats. C’est un peu le statu quo donc.
Comme je l’ai dit vendredi sur Twitter, je ne parlerai plus de valorisation bradée jusqu’à ce que les marchés se calment… En effet, la macro-économie l’emporte tellement sur tout qu’il est illusoire de revenir aux bonnes règles de l’analyse financière pour évaluer une entreprise actuellement.
Cela ne veut pas dire que je capitule, cela veut dire qu’il faut simplement faire le dos rond actuellement en attendant des jours meilleurs. Et ils reviendront… Car vous savez comme moi que la Bourse est également une affaire de cycles…
______________________Pour vous aider dans vos investissements
Et il ne vous reste que 15 jours pour décider de protéger votre patrimoine contre la débâcle !



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[...] c’est le calme plat. Mais franchement en ce moment la macroéconomie domine toute la sphère boursière, et les résultats des sociétés passent complètement inaperçus. AKPC_IDS += [...]
4 juin 201217:54[...] Comme je le disais ce matin, les investisseurs ne veulent plus prendre de position sans toutefois vouloir vendre leurs lignes existantes. [...]
4 juin 201218:01