Lorsque vous faites de la finance à l’université, on vous enseigne de nombreuses notions, dont celles de la volatilité. Sans entrer trop dans le détail, cette notion mesure l’ampleur des variations du cours d’un actif financier. Plus la volatilité est élevée, plus l’espérance de gain est importante – mais les risques de pertes également…
Aujourd’hui, l’indice VIX de la volatilité du S&P 500 dont je vous avais parlé début avril est encore sous les 20 points. Cela veut dire que le marché ne s’inquiète pas outre mesure et n’est pas entré dans une phase de panique vendeuse.
De toute évidence, je m’étais trompé début avril en vous recommandant de passer à l’achat pour la raison que le VIX était si bas. J’avais sous-estimé la décorrélation des marchés américains et européens. Car si le VIX reste bas, c’est parce que le S&P 500 reste parfaitement stable et reste sur des plus-hauts depuis la mi-2009. Les marchés US ne s’inquiètent donc pas encore…
Mais sur nos marchés européens et français, il en va tout autrement, vous l’aurez remarqué. La volatilité intraday est impressionnante… C’est même pour moi le facteur le plus important de la période actuelle.
Pour vous aider dans vos investissements______________________
La volatilité sert la spéculation !
Encore +43% pour la stratégie de Mathieu Lebrun.
Après la pluie de gains des derniers jours, les particuliers qui suivent les conseils de Mathieu ont eu la possibilité d’engranger un gain de 43% en trois jours seulement !
+44%, +62%, +64% et maintenant 43% ont déjà été réalisés : allez-vous passer à côté des prochains ?
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Regardez la séance de vendredi dernier : l’indice CAC 40 a ouvert à 3 107 points pour faire un plus-bas en début d’après-midi à 3 077 points pour, finalement, remonter en flèche et finir tout près de l’équilibre à 3 129,77 points. Et je ne vous parle pas du fameux lundi 7 mai avec un plus-bas à 3 104 points et un plus-haut à 3 219 points. Plus de 100 points de spread en une seule journée. Sur les cinq dernières séances, la moyenne quotidienne de l’écart entre le plus-bas et le plus-haut a été de 75 points, soit plus de 2%, ce qui est énorme et qui reflète l’angoisse croissante des investisseurs.
Mais un investisseur qui aurait éteint ses ordinateurs à la veille de l’élection présidentielle pour les rallumer simplement vendredi dernier aurait pu constater qu’en une semaine, le CAC 40 n’a perdu que 1%… “Tout ça pour ça !”. La planète finance est séparée en deux camps, comme l’a été la France avant les présidentielles. Les avis sont tranchés…
D’un côté, vous avez les Cassandre pessimistes qui estiment qu’après les déboires de la Grèce qui mérite la faillite pour son laisser-faire de ces dix dernières années, l’Espagne sera attaquée, puis l’Italie et, bien sûr, la France avec des taux longs qui pourraient passer dans l’hexagone autour de 4% (contre 2,80% actuellement). Ceux-là estiment que la vieille Europe a vécu et que les risques d’implosion de la zone sont de plus en plus importants. Ils ajoutent que les indices américains sont quasiment à leurs plus-hauts et qu’une consolidation est inéluctable… Comment les démentir complètement ? La réalité est là ; implacable.
De l’autre côté, les Cassandre optimistes considèrent que la Grèce restera dans la zone euro car ni elle ni l’Europe n’a intérêt à ce qu’un pays soit exclu (volontairement ou pas) de la zone… Je rappelais il y a quelques jours sur BFM Business que la forte dévaluation du peso argentin, liée au dollar américain via le célèbre peg il a dix ans, avait provoqué une baisse de plus de 10% du PIB l’année d’après, et que 57% de la population argentine était passée en dessous du seuil de pauvreté ; il y eu des morts liées à des émeutes de la faim… La devise argentine passait de 1 peso pour 1 dollar à quasiment 4 pesos dans les mois qui suivirent. Certes, le pays a fini par se redresser mais à quel prix !
Est-ce ce vers quoi la Grèce se dirige ? Ce serait une vraie catastrophe et je pense que les politiciens feront tout pour éviter cette situation, une fois de plus. Le spectre des colonels – la célèbre dictature d’une junte d’officiers qui terrorisa le pays entre 1967 et 1974 – plane sur la Grèce. Donc, pour les optimistes, la Grèce va être sauvée au prix d’un allègement de l’austérité budgétaire et peut-être d’un espèce de plan Marshall pour la croissance européenne…
Ces mêmes optimistes pensent que la croissance américaine restera autour des 2,5% et n’empêchera pas les marchés de bien se comporter cette année.
Nous entrons donc dans l’ère du quitte ou double car le schéma est relativement clair :
- soit un accord est trouvé assez vite en Grèce pour faire en sorte que le plan d’aide soit mis en place avec une véritable volonté politique derrière : les marchés pourraient rebondir ;
- soit il n’y a qu’une unité de façade et le pays fera faillite ; le CAC 40 peut alors très vite revenir sur les 2 750 points, voire aller toucher une nouvelle fois les plus-bas atteints l’an dernier à 2 691 points…
Excusez-moi aujourd’hui de ne pas avoir parlé de nos small caps, mais le sujet traité me paraissait beaucoup brûlant…
Dès demain, nous reviendrons sur le sujet qui nous préoccupe car je vous rappelle que les small caps font encore mieux que les grosses capitalisations depuis le 1er janvier. Mais vous l’avez compris : l’heure n’est pas à l’achat tant que la situation européenne n’est pas plus lisible.



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